dimanche 15 janvier 2012

Wwoofing

Ce drôle de mot en guise de titre est en fait l’acronyme de « World Wide Opportunity  in Organic Farms ». Tout le monde l’aura compris, il s’agit donc d’opportunités internationales dans des fermes bios. En fait, le « wwoofer », souvent un étranger de passage, travaille dans une production agricole de particuliers, principalement pour du désherbage et du jardinage, parfois de l’élevage, et en échange, il est nourri, logé et blanchi par les propriétaires, tout en partageant leur vie quotidienne.
Ce système est très répandu en Australie et en Nouvelle-Zélande, bien que l’initiative soit britannique – c’est un peu comme le rugby, en fait…
Mais quel rapport, se demandent déjà certains, avec les aventures palpitantes de l’auteur de ce blog passionnant ? J’y viens.

Il existe un site internet où l’on peut s’inscrire, pour une poignée de dollars, en tant que wwoofer, et voir les profils de tous les hôtes susceptibles de vous accueillir. C’est ce que je fis, et, envoyant des mails à tour de bras, je finis par recevoir une réponse positive d’une certaine Robyn James, habitant dans la région de Coromandel, non loin d’Auckland.
Mais deux jours avant de me rendre chez elle, revers de fortune, j’apprends que son mari est décédé, et qu’elle ne peut plus m’accueillir. Fort heureusement pour moi, sa voisine Suse Smith est prête à me recevoir pour dépanner sa voisine en difficulté (in troubles, comme ils disent ici).
A l’origine, c’était juste un dépannage ; mais il y a en fait tellement de choses à faire dans sa maison qu’elle est ravie que je reste quelques temps pour bricoler un peu.

Vous avez donc saisi le principe du wwoofing ? Eh bien figurez-vous que ce n’est pas du tout ce que je fais. Enfin, pas vraiment. Le terrain d’ici est loin d’être bio, et je suis loin de ne faire que du désherbage…
Entre laver la voiture, repeindre le garage (en rose !), passer l’aspirateur, nettoyer les carreaux, etc.  je n’ai pas de quoi m’ennuyer. Et puis Suse a deux fils, Tamati et Sage, qui sont fans de rugby – surtout quand il s’agit d’y jouer sur la PlayStation – alors on a de quoi s’occuper. Les matches improvisés sur la plage, à 500m de là, sont au moins aussi fatiguant que de jouer contre l’équipe des All Blacks au complet !
La maison des Smith.
Ma caravane au fond du jardin !
La première semaine, je logeais dans une caravane, près du ruisseau au fond du jardin. 
Quand j’allai me coucher le premier soir, je fus surpris de voir que les draps ne devaient pas être propres puisqu’il y avait un tas de brindilles sur mon lit. En approchant ma main pour les enlever, je sursautai en voyant que les brindilles se déplaçaient toutes seules ! Il me fallut un bon moment pour comprendre qu’il s’agissait d’une famille de phasmes qui avait élu domicile dans ma caravane. En voyant combien ils étaient attachés à ma couette, je compris pourquoi ils les appellent ici les « insectes collants » (stick insect) !
Phasmes, mantes religieuses, araignées à carapace dorée… Je dus m’habituer à tous ces nouveaux colocataires, bien que ma basket soit devenue la plus redoutée des serial killers d’insectes de tout l'hémisphère Sud !

Le soleil se couche au loin sur l’océan, jetant dans le ciel et sur les palmiers un dernier jet de couleur pourpre, tel un artiste désabusé qui jette son pinceau sur sa toile sans croire au chef-d’œuvre qu’il vient de créer. Des milliers d’oiseaux invisibles piaillent encore dans le bush (qui n’est autre qu’une jungle impénétrable), et les moustiques tournoient déjà devant la lumière de mon ordinateur.
Quel beau pays que la Nouvelle-Zélande ! S’il n’y avait pas ces fichus moustiques…
Coucher de soleil à travers le bush.

2 commentaires:

  1. "AAaaah, mon pauvre fils, exploité au fond d'une caravane envahie par les insectes, Cendrillon des temps modernes exploité loin du foyer natal dans une contrée hostile ou seuls les phasmes vous font des câlins"... ainsi parlait notre mère...

    "Excellent ! Il doit bien s'amuser dans ce cadre enchanteur ! En plus, il va bien profiter pour apprendre l'anglais et rencontrer du monde, c'est vraiment le top de vivre avec les locaux !"... ainsi parlait ton frère...

    "Et tout ça sur une île ? Ouahou trop sympa !"... ainsi parlait ta soeur !

    "Y a de la choucroute là bas ?".... ainsi parlait ton autre frère !

    "Oui ben fais attention avec toutes ces bestioles... t'en voir..." ainsi parlait ta grand-mère....

    "Dans le jardin, as-tu vu du Biographis Elegantus ?"... ainsi parlait ton grand-père...

    "Et tout ça sans voiture ? Oooh j'en ai mal aux pieds pour toi !" ... ainsi parlait ton autre grand-mère !

    "C'est qui Martin ?"... ainsi parlait Raoul Petitbidon.

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  2. Tu vends du rêve Martin !! Ta caravane néo-zélandaise, même pleine de bestioles bizarres, je te l'échangerais volontiers contre ma chambre d’internat dans le fin fond de l'Allier :-)
    Enjoy !!

    Pauline Mich-Mich

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