dimanche 10 juin 2012

Christchurch, où la terre a tremblé.


            6h du matin, Westport. Il fait encore nuit noire, le gris de l’aurore reste caché derrière les montagnes qui entourent la ville. Je me rends à la boulangerie du village où William le livreur est censé me conduire jusqu’à Greymouth, toujours un peu plus au Sud sur la côte ouest. Nous partons dans la campagne, à travers les champs et la pénombre. Le jour se lève, doucement, et le gris de l’aube traverse le gris des nuages bas et lourds.
Mer de nuage dans l'arrière-pays.
             Greymouth n’est pas une grande ville. A part un grand arc-en-ciel au-dessus du fleuve qui vient se jeter dans l’océan, il n’y a pas grand-chose à admirer. Mais c’est le point de départ du train qui traverse les Alpes. Le Tranzalpin (avec un Z pour faire NZ comme dans New Zealand) est autant utilisé par les touristes qui veulent admirer les paysages naturels et sauvages qu’il traverse, que par les locaux qui veulent tout simplement se rendre à Christchurch.



J’ai vu les plus beaux paysages que la lune et le soleil couchant pouvaient offrir ; et quand la nuit retombait ce jour-là, j’étais arrivé à Christchurch.

Lune et coucher de soleil, les plus beaux paysages de la chaîne des Alpes Néo-Zélandaise.

- cliquer sur les images pour agrandir -

On ne se rend pas bien compte de nuit, mais Christchurch n’est certainement pas dans son meilleur état. Il suffit de se balader un samedi après-midi dans le centre-ville pour se rendre compte que, oui, la ville est morte.
Christchurch depuis les collines.

Au fond, ce qu'il reste de la cathédrale.
La 4 septembre 2010, la terre a tremblé sous Christchurch. Une secousse de 7.1 sur l’échelle de Richter s’est fait sentir, mais rien n’était vraiment tombé, et il n’y eût que quelques blessés. Mais 6 mois plus tard, le 22 février 2011, un tremblement de terre d’une force de 6.3 frappe la ville en plein milieu de la journée. Cette fois les bâtiments s’effondrent, déjà fragilisés depuis le tremblement de terre précédent. La secousse cause 185 morts et des centaines de blessés.
Depuis, des grues détruisent tout ce qui est trop dangereux pour rester debout – la reconstruction ne commencera que l’année prochaine, en 2013 – et les habitants, s’ils n’ont pas été expulsés de chez eux par le gouvernement parce qu’ils habitaient dans une zone dangereuse, tentent de refaire leur vie ou de la reprendre comme avant. Mais des secousses hebdomadaires, voire bihebdomadaires, les vides remplaçant les bâtiments détruits et les barrières bloquant le centre-ville leur rappellent que rien ne sera jamais plus comme avant.
En ville, seuls retentissent au loin les bruits de travaux et de destruction qui poursuivent leur cours derrière les barrières. Seuls quelques touristes prennent en photo les pancartes « Sauvez notre cathédrale », ou « Détruire le clocher c’est détruire Christchurch ». Mais au loin, à travers les grillages qui bloquent l’accès à l’ainsi-nommée « Zone Rouge », la cathédrale n’est plus qu’un triangle béant, privée de sa tour et de ses atours.

Un quartier appelé Re:Start essaye de redonner du dynamisme en aménageant des magasins et des cafés dans des containers empilés les uns sur les autres. Mais dès qu’on rencontre les gens, on se rend compte ; ils sont toujours méfiants, inquiets quant à la solidité de ce qui les entoure, à l’épreuve de la force de la terre.
Re:Start
Je ne suis pas resté longtemps à Christchurch. Mais rien qu’en un week-end, 2 tremblements sont survenus – de forces 3.5 et 4.
Je ne les ai même pas sentis ; à chaque fois j’étais en train de marcher…


1 commentaire:

  1. Ca me rappelle des choses... Toujours impressionnant, une ville détruite où les gens vivent dans la peur.
    Evite juste de trop te balader sous le dôme de la Cathédrale... ;-)
    Et continue à faire de belles photos de paysages ! Bises !

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