6h
du matin, Westport. Il fait encore nuit noire, le gris de l’aurore reste caché
derrière les montagnes qui entourent la ville. Je me rends à la boulangerie du
village où William le livreur est censé me conduire jusqu’à Greymouth, toujours
un peu plus au Sud sur la côte ouest. Nous partons dans la campagne, à travers
les champs et la pénombre. Le jour se lève, doucement, et le gris de l’aube
traverse le gris des nuages bas et lourds.
| Mer de nuage dans l'arrière-pays. |
J’ai vu les
plus beaux paysages que la lune et le soleil couchant pouvaient offrir ;
et quand la nuit retombait ce jour-là, j’étais arrivé à Christchurch.
| Lune et coucher de soleil, les plus beaux paysages de la chaîne des Alpes Néo-Zélandaise. - cliquer sur les images pour agrandir - |
On ne se rend
pas bien compte de nuit, mais Christchurch n’est certainement pas dans son
meilleur état. Il suffit de se balader un samedi après-midi dans le
centre-ville pour se rendre compte que, oui, la ville est morte.
| Christchurch depuis les collines. |
| Au fond, ce qu'il reste de la cathédrale. |
La 4 septembre
2010, la terre a tremblé sous Christchurch. Une secousse de 7.1 sur l’échelle
de Richter s’est fait sentir, mais rien n’était vraiment tombé, et il n’y eût
que quelques blessés. Mais 6 mois plus tard, le 22 février 2011, un tremblement
de terre d’une force de 6.3 frappe la ville en plein milieu de la journée. Cette
fois les bâtiments s’effondrent, déjà fragilisés depuis le tremblement de terre
précédent. La secousse cause 185 morts et des centaines de blessés.
Depuis, des
grues détruisent tout ce qui est trop dangereux pour rester debout – la reconstruction
ne commencera que l’année prochaine, en 2013 – et les habitants, s’ils n’ont
pas été expulsés de chez eux par le gouvernement parce qu’ils habitaient dans
une zone dangereuse, tentent de refaire leur vie ou de la reprendre comme
avant. Mais des secousses hebdomadaires, voire bihebdomadaires, les vides
remplaçant les bâtiments détruits et les barrières bloquant le centre-ville
leur rappellent que rien ne sera jamais plus comme avant.
En ville, seuls
retentissent au loin les bruits de travaux et de destruction qui poursuivent
leur cours derrière les barrières. Seuls quelques touristes prennent en photo
les pancartes « Sauvez notre cathédrale », ou « Détruire le
clocher c’est détruire Christchurch ». Mais au loin, à travers les
grillages qui bloquent l’accès à l’ainsi-nommée « Zone Rouge », la
cathédrale n’est plus qu’un triangle béant, privée de sa tour et de ses atours.
Un quartier
appelé Re:Start essaye de redonner du dynamisme en aménageant des magasins et
des cafés dans des containers empilés les uns sur les autres. Mais dès qu’on
rencontre les gens, on se rend compte ; ils sont toujours méfiants,
inquiets quant à la solidité de ce qui les entoure, à l’épreuve de la force de
la terre.
| Re:Start |
Je ne suis pas
resté longtemps à Christchurch. Mais rien qu’en un week-end, 2 tremblements
sont survenus – de forces 3.5 et 4.
Je ne les ai
même pas sentis ; à chaque fois j’étais en train de marcher…
Ca me rappelle des choses... Toujours impressionnant, une ville détruite où les gens vivent dans la peur.
RépondreSupprimerEvite juste de trop te balader sous le dôme de la Cathédrale... ;-)
Et continue à faire de belles photos de paysages ! Bises !