vendredi 24 février 2012

Taranaki – Rotokare Reserve

Du grand Nord de l’île du Nord, j’ai voyagé jusqu’au Sud-Ouest de la même île, pour arriver dans la région de Taranaki.
Mode de transport : l’auto-stop ! Bien moins cher que le bus (puisque c’est gratuit), et tellement plus intéressant parce qu’on rencontre des tas de Néo-Zélandais au lieu de touristes européens, l’auto-stop est devenu mon moyen de transport favori depuis que je me suis rendu compte que les gens d’ici sont les plus généreux qui soient. Temps d’attente maximum le long de la route : 20 min ; et encore c’était près d’Auckland, où, selon le reste de la population, les habitants sont bien moins sympas que dans les autres régions… 

Ce qu’on ne peut manquer de voir en arrivant dans la région de Taranaki, du moins si le temps le permet, c’est le mont Taranaki. Renommé Mont Egmont par le capitaine Cook qui colonisa l'île au XVIIIème siècle, les professionnels du tourismes ont ensuite estimé qu’il était préférable de garder le nom maori signifiant « mont brillant », en référence aux neiges persistantes des pentes les plus élevées. 
Du haut de ses 2 500 m, son cône volcanique formé il y a 10 000 ans surplombe les environs ; sa plus récente activité ne remonte qu’à 1755. Les spécialistes pensent qu’il aurait déjà dû se réveiller au cours des 100 dernières années…

Mes hôtes, Denise et Graham Smith, rencontrés grâce au système du Wwoofing, habitent le petit village d’Eltham, capitale du fromage, dont la population atteint à peine les 2 000 habitants (mais qui abrite non moins de 6 500 vaches !).
Le mur fini, après deux semaines de construction.
Mon job chez ces gens, en échange du logement, des repas et de tout ce qui s’ensuit, est de construire un mur de pierre le long d’un chemin de leur grand jardin, créé au milieu du XIXème siècle par les pionniers du village venus d’Angleterre. 
Avec l’aide de Pete, mon co-wwoofer venu de l’Utah aux Etats-Unis, nous allons chercher les pierres, nous les disposons, nous fabriquons notre propre béton que nous versons ensuite entre les pierres du mur ainsi formé. Deux semaines pour construire un mur comme sur la photo, à partir d’un vague tracé de chemin à travers les broussailles…

Mais comme on est un peu venus aussi pour découvrir le coin, Graham et Denise nous emmènent l’après-midi pour des ballades magnifiques.
Première virée, mercredi 15 février, à la Rotokare Reserve. Ce parc de 212 ha se situe dans une cuvette naturelle au cœur d’une vallée et autour d’un grand lac. 
L’idée de cette réserve dite « pest free », est de préserver l’habitat des oiseaux natifs, menacés par les chiens, chats et opossums venus envahir les forêts et dévorer les oiseaux non volants tel le fameux kiwi. Aussi la réserve est-elle entourée d’une immense clôture grillagée, dont les mailles permettent à peine à une mouche de passer, et d’au moins 3 mètres de haut. A force de pièges à souris, de chasse aux mammifères et surtout de patience, les 212 hectares sont aujourd’hui totalement dépourvus de nuisibles. On y entre donc par une double porte grillagée qui fait un peu penser à Jurassic Park, et des sentiers de randonnée sont organisés tout autour du lac.
La réserve et le lac vus du ciel.
Et en effet, nous n’avons vu aucun animal sinon des cygnes, des canards et un pigeon des bois appelé Kereru.

Mais en parlant avec l’un des gardes forestiers dénommé Liam, un grand gaillard amoureux de son pays et de ses oiseaux natifs, je me suis vite rendu compte qu’un projet pareil ne peut jamais être totalement terminé. Deux semaines auparavant, il avait vu un faucon laisser tomber un mulot au-dessus de la réserve ; certes les mulots ne représentent pas le danger principal pour les kiwis, mais ils peuvent attirer d’autres mammifères, et sont surtout susceptibles de manger ce que mangent les oiseaux natifs, et donc de nuire à leur développement.

Cet après-midi-là, je rentrai la tête pleine de pensées, les yeux pleins de beaux paysages et la mémoire pleine de bons souvenirs, mais aussi l’appareil photos plein de belles images que vous pouvez découvrir dans l'album Taranaki !

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